Le Top 25 des médicaments dans les dépenses de l'INAMI

Comme chaque année l'INAMI publie son infospot avec le TOP 25 des principes actifs dans les dépenses du secteur ambulatoire de l’assurance soins de santé en 2017. Ces principes actifs représentent 35 % des dépenses nettes totales (c’est-à-dire les dépenses de l’assurance obligatoire) et 25 % du volume des traitements (DDD2 ). Notons qu’il existe, outre ces 25 principes actifs, 736 autres principes actifs remboursés par l’assurance obligatoire dans le secteur ambulatoire.
Le TOP 25 contient peu de principes actifs très récents. On n’en compte que 2 étant apparus dans le remboursement au cours des 5 dernières années. Le médicament le plus récent est l’association lamivudine+abacavir+dolutégravir (traitement de l’infection par le VIH), remboursable depuis 2015. Inversement, 9 principes actifs datent d’avant l’année 2000.

Certains principes actifs sont des « vieux habitués » du TOP 25: l’oméprazole, la simvastatine et le bisoprolole, étaient déjà présents dans le TOP 25 en 1997 (la première année disponible de données Pharmanet). On constate sur le long terme une évolution du type de molécules présentes dans le TOP 25. Ce sont de plus en plus des molécules faisant partie de l’arsenal thérapeutiques des spécialistes. En 2017, on en compte 11 qui sont prescrites à plus de 50% par les spécialistes (% des DDD). En 2007, il n’y en avait que 4 et en 1997, on n’en comptait qu’une seule. La base de données permet de comptabiliser le nombre des patients auxquels un principe actif particulier a été délivré au moins une fois durant l’année.

Cette information offre une autre perspective que le volume de traitement exprimé en DDD ou le coût et permet de dresser une typologie des molécules selon : } l’épidémiologie” (nombre de patients traités), } la durée des traitements (nombre de DDD/patient), } le coût du traitement quotidien pour l’assurance (dépenses nettes/DDD).

Un tiers des molécules du TOP25 (8 molécules) concerne des petits groupes de patients, nécessitant un traitement long (chronique) au coût quotidien élevé. Des exemples typiques de ce genre de traitement sont les immunossupresseurs, les traitements contre l’hémophilie ou le diméthyl fumarate utilisé dans le traitement de la sclérose en plaques. D’autres molécules au contraire sont prescrites à des grands nombres de patients mais ont, heureusement pour le budget, des coûts par journée de traitement relativement peu élevés. On retrouve dans ce cas par exemple deux statines (l’atorvastatine et la simvastatine) et deux inhibiteurs de la pompe à protons (oméprazole et pantoprazole, cette dernière désormais prescrite à près de 1,3 millions de patients).

La première place est encore occupée par l’adalimumab, un inhibiteur du TNF, destiné à enrayer des processus inflammatoires dans des affections graves, après échec des traitements classiques. L’adalimumab est prescrit dans 46% des cas par des rhumatologues (surtout pour traiter la polyarthrite rhumatoïde), dans 36% des cas par des gastrologues (maladie de Crohn) et dans 16% des cas par des dermatologues (rhumatisme psoriasique). Le nombre de patients est faible mais le traitement coûteux (37 euro par DDD).

La deuxième place est occupée par le rivaroxaban, l’un des 3 nouveaux anticoagulants oraux (NOAC) présents dans ce TOP25. En 6 ans, les NOAC ont pris une place majeure au sein des anticoagulants. Ils représentent désormais plus de la moitié des traitements (53% des DDD), parmi les héparines (29%) et les antagonistes de la vitamine K (17%).

A la troisième place on trouve un deuxième inhibiteur du TNF, prescrit dans 88% des cas par des rhumatologues et dans 11% des cas par des dermatologues

> Plus d'information : Infospot - Le top 25 des médicaments 2017

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