Appel à candidats pour évaluer l’exposition des enfants aux métaux lourds des sols

L’Institut Scientifique de Service Public (ISSeP) cherche des parents qui accepteraient de participer, avec leur(s) enfant(s) de 6 à 11 ans, à une étude épidémiologique visant à mesurer les concentrations en métaux lourds dans les urines et à quantifier leurs teneurs dans les sols sur lesquels ces enfants résident.

Nous sollicitons les parents des enfants qui résident principalement dans 3 zones différentes, sur les communes suivantes (1) Jodoigne ; (2) Saint Léger, Meix-le-Tige, Mussy-la-ville, Willancourt, Rachecourt, Battincourt, Aix-sur-Cloie, Aubange, Halanzy, Musson, Baranzy, Signeulx et (3) les sections de Chênée et Grivegnée de la ville de Liège.

Les métaux lourds (appelés plus généralement « éléments traces métalliques », ETM) sont présents dans notre alimentation et dans notre environnement. Si certains sont des oligo-éléments essentiels (zinc, cuivre, …) d’autres en revanche, de par leur toxicité élevée, leur persistance et leur transfert dans la chaine alimentaire, peuvent poser des risques sur la santé d’une partie de la population (plomb, cadmium, arsenic, …).

L’objectif de l’étude Biosol, menée par l’ISSeP est de comprendre le lien entre la présence des ETM dans le sol et l’exposition des enfants à ces substances. Les données obtenues via ce biomonitoring et via les analyses de sol vont permettre de déterminer l’influence de la zone de résidence et/ou de certains comportements sur la présence de substances dans le corps des enfants.

Les teneurs en ces éléments dans les sols wallons sont très hétérogènes. Les plus basses sont rencontrées principalement dans les sols de Hesbaye tandis que les plus élevées se mesurent dans le sillon industriel, siège d’intenses activités métallurgiques aujourd’hui révolues. On en trouve aussi encore en Lorraine belge où se rencontrent des enrichissements naturels en arsenic et en nickel, causés par la présence de formations géologiques particulières exploitées pour le fer.

Cette présence entraîne pour les populations des expositions principalement directes, par l’ingestion de poussières des sols mais aussi indirectes via la consommation de végétaux (fruits ou légumes) produits sur ces sols contaminés.

Les connaissances lacunaires ne nous permettent pas, à l’heure actuelle, de trouver des solutions durables pour la gestion des sols contaminés, ni pour la prévention de ce problème de santé environnementale et donc la protection des populations. Obtenir de nouvelles données scientifiques est donc nécessaire dans le contexte particulier de la Wallonie.

Le projet BIOSOL lancé par l’ISSeP, en partenariat avec des laboratoires universitaires de sciences du Sol et de toxicologie, vise à répondre à ce besoin en analysant des biomarqueurs d’exposition dans les urines des enfants de 6-11 ans résidant dans trois zones d’études contrastées. Les échantillons d’urine seront effectués à domicile par les participants. Un questionnaire sera également rempli.

Les enfants sont principalement visés car ils ont des comportements et des caractéristiques physiologiques qui favorisent une exposition plus grande. Ce sont également eux qui sont le plus à risque vis-à-vis de potentiels effets négatifs sur leur santé, en particulier pour le plomb.

Pour améliorer les connaissances scientifiques et contribuer à une meilleure gestion des risques sur la santé que peuvent causer les sols contaminés, l’ISSeP fait appel à la population des communes susmentionnées. Afin d’obtenir des résultats scientifiquement valides, l' objectif est de recruter 100 enfants âgés de 6-11 ans résidants depuis au moins 3 ans dans les zones ciblées par l’étude.

> La participation à l’étude BIOSOL est entièrement gratuite. Infos et inscriptions : https://www.issep.be/biosol/

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.

Derniers commentaires

  • Francois Planchon

    10 janvier 2023

    Il serait également urgent d'effectuer cette étude pour les pesticides, fongicides et autres produits vaporisés sur les cultures, dans le sol des jardins voisins des champs pulvérisés, où jouent les enfants.

    J'ai été témoin d'un fait alarmant : après une pulvérisation nocturne dans un champ voisin, la terrasse d'une maison attenante à ce champ, sous le vent, a été couverte par plus de 200 (j'ai arrêté de compte à 200) abeilles le lendemain...
    Cela veut aussi dire que les enfants de la maison, qui ont joué dans la pelouse, ont été exposés aux produits pulvérisés. On oublie aussi que les abeilles sont des insectes indispensables pour la pollinisation : sans abeilles, plus de fruits... !
    C'est alarmant.