Vaccination en officine: «une batterie d’autres formules possibles» (Alain Chaspierre)

Un avis de la Haute Autorité française de Santé (HAS) fait du bruit de ce côté de la frontière aussi: il prône l’élargissement des compétences vaccinales, en matière de grippe saisonnière, à d’autres acteurs que les médecins: infirmiers, sages-femmes et pharmaciens. Comment est-ce perçu dans les officines belges?

On parle donc ici de proposer et d’effectuer la vaccination en toute autonomie, sans prescription préalable. Rappelons qu’en 2017, la France a, dans quelques régions, habilité des pharmaciens à administrer à la clientèle adulte sans risque particulier (pas d’allergie, d’immunodépression, de grossesse…) le vaccin antigrippe. Elle réitère l’expérimentation cet automne, en l’élargissant.

Comment l’avis de la HAS est-il perçu chez nous? Les pharmaciens aspirent-ils à devenir des vaccinateurs? «La pharmacie est le centre de santé le plus accessible», entame Alain Chaspierre, président de l’APB. «On y croise, outre la minorité de malades chroniques fort dépendants, les 90% de malades plus autonomes, qui voient essentiellement deux acteurs: le MG et le pharmacien. Il existe encore parfois des rivalités, peu compréhensibles à mes yeux, entre les deux métiers. S’ils apprenaient à mieux collaborer, en complémentarité, ils pourraient retarder le basculement de ces gens vers la dépendance.»

Cette complémentarité pourrait jouer dans la vaccination antigrippale. «A l’étranger, il a été démontré que les pharmaciens touchent, ce faisant, des patients qui ne se seraient pas rendus chez le MG. Je sais que c’est un sujet sensible, mais on ne ‘détourne’ donc pas la patientèle.» Quoi qu’il en soit, le pharmacien-vaccinateur est un modèle que le président de l’APB qualifie d’extrême. «Avant ça, il y a toute une batterie d’interventions possibles à imaginer, en synergie avec les médecins, pour sensibiliser la population à risque à l’intérêt de la vaccination - en délivrant explications et folders, par exemple.» Et pas juste pour la grippe d’ailleurs: la recrudescence de la rougeole, par exemple, justifierait d’attirer plus l’attention du public.

Mais se faire vacciner en officine, est-ce envisageable, un jour, en Belgique? «Je n’en sais rien. Ce n’est pas à l’ordre du jour. Mais je propose que MG et pharmaciens se mettent déjà à réfléchir, de façon posée et rationnelle, aux moyens de contribuer ensemble à une meilleure couverture vaccinale.» La convergence de leurs efforts pourrait renforcer la 1ère ligne, démontrer son efficience et sa place dans le système…

Si la vaccination par le pharmacien devait se concrétiser, le président de l’APB pointe deux nécessités: une formation spécifique de ses collègues – «il faudrait un certificat complémentaire» – et une circulation optimale des données entre professionnels – «il nous faudrait accéder aux infos sur le statut vaccinal du patient et aux indications des traitements. Ces échanges pourraient se faire via les coffres-forts régionaux».

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