L'OMS s'inquiète de la résistance aux traitements contre le paludisme

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde, jeudi, contre une résistance mondiale aux médicaments antipaludiques. Dans plusieurs pays du sud, la maladie continue de sévir et dans huit pays, une telle résistance est déjà suspectée ou confirmée.

Cette résistance a déjà été confirmée au Rwanda, en Ouganda, en Érythrée et en Tanzanie, et elle est suspectée dans quatre autres pays. Les experts de l'OMS soulignent que si le paludisme est actuellement une maladie que l'on peut prévenir et guérir, cette capacité pourrait être compromise à l'avenir en raison de cette résistance.
Depuis 2015, le nombre de décès dus au paludisme dans le monde oscille autour de 60 pour 100.000 habitants, mais depuis quelques années, cette tendance est en légère hausse. Le nombre de cas a également très légèrement augmenté en 2024. Les deux tiers des infections et des décès surviennent dans onze pays africains: le Burkina Faso, le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Ghana, le Mali, le Mozambique, le Niger, le Nigeria, le Soudan, l'Ouganda et la Tanzanie.
La maladie connaît une recrudescence dans certaines zones, en raison notamment des conséquences de la résistance aux médicaments, mais aussi du changement climatique et des conflits dans la région.
L'OMS souhaite également éviter que, comme ce fut le cas dans les années 80 et 90 avec la chloroquine, d'autres souches du parasite ne deviennent résistantes aux traitements contre le paludisme.
"Nous avons désormais atteint un point critique dans le traitement et la prévention du paludisme à l'échelle mondiale", ont souligné les experts de l'OMS. "La maladie peut être totalement éradiquée, mais nous devons agir de toute urgence".
Selon l'organisation, il faut investir davantage dans l'innovation pour la prochaine génération de médicaments et de vaccins, surveiller encore plus étroitement la maladie et renforcer la solidarité mondiale.
La situation est aggravée par des coupes dans l'aide au développement. La baisse de financement de 21%, due principalement au retrait du soutien des États-Unis, a déjà conduit à l'annulation ou à la réduction de certains projets. "Nous ne pouvons pas combattre un ennemi que nous ne pouvons pas voir", a ajouté l'organisation, soulignant que la surveillance de la maladie restait une priorité malgré les coupes budgétaires.
Le paludisme est transmis par la piqûre de certains moustiques et n'est pas contagieux d'une personne à l'autre. Ses symptômes bénins incluent la fièvre, les frissons et les maux de tête, tandis que les formes graves peuvent entraîner une fatigue extrême, de la confusion, des convulsions et des difficultés respiratoires.

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