Au cours du mois de janvier 2026, une flambée d’infections à virus Nipah a été confirmée dans l’État du Bengale-Occidental (Inde), avec au moins cinq cas confirmés, dont plusieurs infections nosocomiales chez du personnel soignant, et près de 100 personnes placées en quarantaine dans la région, selon des données officielles des autorités sanitaires indiennes et des rapports récents de santé publique.
Deux cas de contamination par le virus mortel Nipah ont été récemment diagnostiqués dans l'État indien du Bengale occidental (nord-est) mais les risques de propagation de la maladie ont été "contenus dans les temps", a affirmé mardi soir le ministère indien de la Santé.
"Des mesures de surveillance renforcée, des tests en laboratoire et des enquêtes de terrain (...) ont permis de contenir dans les temps le nombre de cas", a assuré le ministère dans un communiqué. Aucun détail n'a été donné sur l'état de santé des deux personnes contaminées.
"La situation fait l'objet d'une surveillance permanente et toutes les mesures de santé publique requises sont en place", a poursuivi le ministère, ajoutant que les 196 cas contacts recensés se sont tous avérés négatifs.
Le virus Nipah (NiV) est une zoonose grave appartenant à la famille des Paramyxoviridae, naturellement présente chez des chauves-souris frugivores du genre Pteropus, et capable de se transmettre à l’homme par contact avec des animaux infectés, des aliments contaminés (fruits, sève), ou par contact étroit avec des personnes infectées.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’infection à virus Nipah se caractérise par un taux de létalité élevé, généralement estimé entre 40 % et 75 %, variable selon la qualité de la surveillance épidémiologique et la prise en charge clinique dans les zones affectées. La période d’incubation se situe habituellement entre 4 et 14 jours, bien qu’elle puisse exceptionnellement atteindre 45 jours.
Les manifestations cliniques débutent souvent par des symptômes non spécifiques (fièvre, céphalées, myalgies, vomissements, maux de gorge), pouvant évoluer vers des atteintes respiratoires sévères et des encéphalites fatalesentraînant altération de conscience, convulsions ou coma. Des séquelles neurologiques peuvent persister chez les survivants.
À ce jour, aucun vaccin ni traitement antiviral spécifique n’est disponible contre l’infection à virus Nipah ; la prise en charge repose sur des soins de soutien intensifs des complications respiratoires et neurologiques. L’OMS classe le virus Nipah parmi les pathogènes prioritaires dans son R&D Blueprint pour encourager la recherche et le développement de contre-mesures médicales.
Face à l’alerte en Inde, plusieurs pays asiatiques, dont la Thaïlande, ont réintroduit des contrôles sanitaires ciblés dans les aéroports, inspirés des pratiques mises en place lors de la pandémie de COVID-19, pour dépister les voyageurs en provenance de zones à risque et réduire ainsi les risques d’importation de cas. En Belgique, aucune mesure sanitaire spécifique n’a été annoncée à ce stade en lien avec le virus Nipah.
La première épidémie de Nipah a été enregistrée en 1998 après que le virus s'est répandu parmi les éleveurs de porcs en Malaisie. Le virus porte le nom du village de ce pays d'Asie du Sud-Est où il a été découvert. Les premiers cas de contamination en Inde ont été détectés en 2001, dans le Bengale occidental. En 2018, une épidémie survenue dans le Kerala (sud) avait fait 17 morts.
L’OMS souligne que, bien que la transmission interhumaine ne soit généralement pas aussi importante que pour d’autres virus respiratoires, la combinaison d’un taux de mortalité élevé, de l’absence de traitement spécifique et de l’exposition continue aux réservoirs animaux rend nécessaire une vigilance accrue des autorités de santé publique, notamment dans les zones à risque et pour les voyageurs présentant des symptômes après un séjour dans les régions affectées.








