Vandenbroucke : « Beaucoup de fake news circulent. Si elles étaient vraies, je ferais aussi grève ! »

Frank Vandenbroucke, ministre de la Santé, dénonce la diffusion de fausses informations au sujet de sa réforme des soins de santé. Dans un entretien à 7Dimanche, il affirme que si les accusations portées contre son projet étaient fondées, il serait « en grève immédiatement » lui aussi, et il invite les médecins à « mieux s’informer » avant de contester.

De nombreux médecins ont commencé cette journée de lundi en faisant grève et/ou en expliquant à leurs patients pourquoi il était important pour eux de mener une action. Franck Vandenbroucke, ministre fédéral de la Santé,  qui défend son avant-projet de loi-cadre sur la réforme des soins de santé, a donné son point de vue sur cette action dans le 7Dimanche du groupe Rossel ce dimanche. Morceaux choisis. « Aujourd’hui, on assiste à une grande nervosité dans le secteur des soins, beaucoup de stress. Les généralistes sont sous pression. Les services d'urgence aussi. J’ai conscience de leurs difficultés, je reçois beaucoup de courriers de médecin. » 

Il  trouve dommage qu’on dise aux patients Il faut reporter des soins planifiés sur base du fake news. C’est déplorable. « Des pamphlets ont été écrits : Sur base de cette nouvelle législation, le ministre pourra lui-même supprimer l'agrément de tout médecin sans aucune explication ou motivation. Si cela était vrai, j'irais en grève immédiatement. D’autres disent : C’est la fin de toute concertation entre médecins et mutualité. Pourtant, rien ne change. D’autres évoquent : Les médecins deviennent des fonctionnaires. C’est faux. Dans un journal flamand, Belang Van Limburg, un médecin appelait à la grève : Si cela continue, le ministre va décider lui-même des spécialistes à qui vous pouvez référer vos patients. Cela serait totalement inacceptable. »
Il demande aux médecins de mieux « s’informer. Il n'est pas nécessaire d'être d'accord. La contestation, c'est normal dans une démocratie, mais elle doit servir à la concertation approfondie. » 

Les suppléments

Sa priorité reste la sécurité tarifaire : « Les excès en matière de suppléments d’honoraires doivent disparaître. Les médecins sont d’accord pour plus de transparence. A l’intérieur du système de la convention des médecins, créons de la flexibilité : un supplément officiel, que le médecin peut demander ou pas, qui serait aussi inclus dans le maximum à facturer, pour des prestations spécifiques où il y a des innovations. Les mutuelles n'aiment pas cette approche. Cette législation pourra entrer en vigueur en 2028. La moyenne des suppléments d'honoraires pour des personnes hospitalisées dans une chambre à un lit, par rapport aux tarifs officiels, est de 106 %. Je propose - pour l'année 2028 - un maximum de 125 %, bien au-delà de la moyenne actuelle. Toutefois, si l'on peut me démontrer que cela rend impossible la vie des spécialistes et des hôpitaux, je ne m'accroche pas à ce chiffre précis. »

La question de la liberté

Il revient sur la crainte des médecins de perdre leur liberté… « Cette liberté n'est pas remise en cause. Il faut pouvoir agir contre une petite minorité de fraudeurs qui profitent très largement de ces libertés et pouvoir supprimer de façon temporaire leur numéro INAMI. Je ne comprends pas pourquoi l’ABSyM est contre cette mesure antifraude qui protège la toute grande majorité des médecins. »

Pour lui,  « Un généraliste, un pédiatre, un psychiatre, un gériatre, ne sont pas des médecins qui gagnent énormément. Une proposition concrète de rééquilibrage des tarifs officiels arrivera vers la fin de cette année. On prendra les douze mois de l'année 2026 pour mettre au point un nouveau système de rémunération plus adéquat. » 

Les médecins reprochent un manque de concertation… « J'ai déjà rencontré sept fois les dirigeants du syndicat des médecins. J’ai proposé aux médecins un conventionnement partiel par jour et pas par heure. Par exemple, le mardi et le mercredi, je travaille sur base de tarifs officiels. Lundi, jeudi, vendredi, je travaille avec des suppléments.

Le ticket modérateur

Il revient aussi sur la question du ticket modérateur : « Je propose de réformer le système de ticket modérateur, pour les médicaments d'abord, pour combattre le gaspillage qui coûtent cher à la Sécurité sociale et qui sont mal utilisés, comme les inhibiteurs de la pompe à protons, etc. Je propose de changer le système de remboursement et de maintenir les tickets modérateurs très très limités pour ces médicaments, quand ils sont nécessaires d'un point de vue médical. » 

> (Re)lire l'Avant-projet de loi-cadre - exposé des motifs

Lire aussi: L'avant-projet de loi modifié rouvre la possibilité d'un conventionnement partiel

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Derniers commentaires

  • Nathalie PANEPINTO

    07 juillet 2025

    Comment est évaluée la qualité des soins ? Les politiques évoquent toujours le coût, pas fréquemment la qualité. Or, un soin de qualité (diagnostic correct, traitement adéquat...) permet d'éviter des coûts inutiles (traitements inadéquats voire entrainant des affections iatrogènes...). Augmenter le nombre d'étudiants pour faire face à la pénurie implique cependant une réflexion quant à leur encadrement pour assurer une formation de qualité. L'amélioration de la qualité des soins ainsi que des conditions de vie (logement, alimentation...) lors des trente glorieuses a permis un allongement de l'espérance de vie en bonne santé. Ceci a notamment un impact sur les pensions. Gouverner c'est prévoir, or, qu'est-ce qui a été prévu pour tenir compte de cette situation ?

  • Charles KARIGER

    07 juillet 2025

    Mais pour qui notre ministre roule-t-il ?
    Sa fixette sur les IPP paraît suspecte. En effet, au-delà des considérations purement médico-thérapeutiques auxquelles il ne connaît rien, il y a des faits financiers qu’il connaît mais se garde de communiquer. Voyez ces quelques chiffres.
    Une alternative (inférieure) aux IPP est la suspension GAVISCON.
    En Belgique, elle n’est pas remboursée et coûte 23,97 euros les 600 ml soit 3,99 euros par 100 ml.
    Étrangement, en France, la suspension coûte 3,20 euros les 250 ml, soit 1,28 euros les 100 ml, bien moins que moitié moins cher qu'ici.
    En prime, la Sécu française intervient pour 15%. On est donc à 1,10 euros les 100 ml.
    Et par-dessus : « De nombreuses mutuelles santé peuvent compléter ce remboursement, parfois jusqu'à 100% du prix, selon les garanties de chaque contrat. »
    Notre super-super-super ministre formé aux calculs compliqués sait parfaitement cela. Alors, pour qui roule-t-il de sa voix pateline ?
    Veut-il allaiter quelqu'un ?