Les pharmaciens hospitaliers mettent en garde contre une pénurie de médicaments essentiels

Une nouvelle législation européenne qui prévoit notamment de limiter la durée de conservation des préparations magistrales à quatre semaines risque d'entraîner une pénurie de médicaments essentiels. C'est ce qu'affirment mardi les associations de pharmaciens hospitaliers. Selon elles, la continuité des soins est menacée et des milliers de patients pourraient être touchés.

Le débat porte sur les préparations magistrales. Il s'agit de médicaments sur ordonnance préparés en pharmacie pour les patients qui ne peuvent être traités avec les médicaments standard disponibles dans le commerce. L'Europe souhaite imposer une durée de conservation fixe pour tous les types de préparations, mais les pharmaciens hospitaliers s'y opposent.

Pour Thomas De Rijdt, président de l'Association belge des pharmaciens hospitaliers (ABPH) et membre du conseil d'administration de l'Association flamande des pharmaciens hospitaliers (VZA), cette limite proposée de quatre semaines est "non scientifique, pratiquement irréalisable et économiquement irresponsable". 
Dans la pratique, la durée de conservation des médicaments varie en effet considérablement: certaines préparations se conservent pendant des mois, voire plus d'un an, tandis que d'autres ne peuvent être conservées qu'un seul jour.

En fixant une telle durée de conservation, on limite non seulement la flexibilité, mais aussi la rentabilité du processus de préparation dans les pharmacies hospitalières, expliquent encore les organisations représentatives. Les pharmacies hospitalières devront donc adapter leurs activités, ce qui entraînera une augmentation des coûts, une charge administrative supplémentaire et un risque accru de pénurie de médicaments et d'interruption des traitements, prédisent-elles. Cette mesure compromet également "le rôle des pharmacies hospitalières qui consiste à répondre avec souplesse aux besoins des patients".

Les pharmaciens hospitaliers plaident avec insistance en faveur d'une réglementation flexible, dans laquelle la durée de conservation serait déterminée sur la base de paramètres tels que la stabilité, l'environnement de production, la méthode de stérilisation, le type de préparation et la situation du patient.

"Affligeant de constater la vitesse à laquelle une FAUSSE information peut être relayée." réagit dans un post sur Linkedin Hugues Malonne , CEO de l'AFMPS. Selon lui ,  la législation actuellement en discussion au niveau européen ne parle absolument pas de la durée de conservation d’une préparation magistrale. Celle-ci ne peut dépendre que de la forme pharmaceutique, du principe actif et de la méthode de fabrication. " Ce que la nouvelle législation aborde c’est la durée de conservation d’une préparation officinale (une préparation standardisée destinée à être administrée à plusieurs patients). En clair, il s’agit plutôt d’une bonne gestion et de ne produire un lot qui couvre les besoins de 3 semaines et pas de deux ans" conclut-il.

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