Quelle est l’évolution du paysage pharmaceutique actuellement en Belgique ? Quelles sont les grandes tendances du marché ? Le Livre blanc de Sirius Insight consacré au secteur de la pharmacie a été dévoilé à la fin du mois de février. Pharma-Sphere vous présente en primeur les grandes conclusions.
« Depuis près de dix ans, nous suivons de près l’évolution du secteur pharmaceutique, un secteur confronté à de nombreux contrastes, de la législation au e-commerce, en passant par le potentiel de marché et le développement commercial », explique Karolien Sottiaux, COO de Sirius Insight. « Le marché pharmaceutique belge présente une grande diversité locale. Certaines régions voient apparaître des pharmacies regroupées en structures ; d’autres recèlent un potentiel inexploité. Les fermetures temporaires, les zones protégées et les défis spécifiques à chaque emplacement rendent les décisions stratégiques cruciales. Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle législation sur les transferts et les fusions de pharmacies, nous avons accompagné plus de 100 projets, en soutenant aussi bien les pharmacies indépendantes que les pharmacies structurées en groupes. La tendance est claire : même les plus petits acteurs comprennent désormais l’importance d’une croissance intelligente et d’un emplacement stratégique. »
Moins de pharmacies : des disparités régionales
En 2026, la Belgique compte 4.873 pharmacies, dont 4.581 ouvertes au public (-77 depuis 2025) et 292 temporairement fermées (-1 depuis 2025). En moyenne, la Belgique compte 4 pharmacies pour 10.000 habitants. « Nous constatons une accélération de la diminution du nombre de pharmacies depuis 2024 sous l’effet de la nouvelle législation sur le transfert des pharmacies. »
Sur le terrain, 181 pharmacies ont fermé définitivement depuis 2020 : 54 % de toutes les fermetures de pharmacies ont eu lieu en Wallonie. « De fortes disparités régionales sont constatées en effet : 23 % des fermetures définitives de pharmacies ont eu lieu à Liège contre seulement 2 % dans le Limbourg. »
Dans le top 3, après la province de Liège (-41 pharmacies), on trouve la province du Hainaut (-35 pharmacies) et la province d’Anvers (-26 pharmacies).
Fermées définitivement ou non
Dans ce contexte, un autre chiffre éclairant est à retenir : le nombre de pharmacies temporairement fermées. En 2026, 292 pharmacies sont temporairement fermées. « 49 % des pharmacies temporairement fermées se situent en Wallonie. Cela représente une baisse de 3 % par rapport à 2025. 68 pharmacies se trouvent dans le Hainaut, 55 à Bruxelles et 49 à Liège. »
Dans les faits, 24 % de toutes les pharmacies temporairement fermées se trouvent dans la province du Hainaut contre seulement 1 % dans le Brabant wallon.
Fusions, déménagements : des choix posés
Aujourd’hui, pour les pharmacies, différents types de mouvements sont possibles. « Dans cette analyse, nous nous concentrerons sur les points suivants : fusions classiques, transferts de proximité, transferts vers des zones mal desservies et transferts impliquant la fermeture d’une pharmacie. »
Si une diminution de 34 % des demandes de fusion et de déménagement depuis 2023 a été constatée, les demandes concernent principalement, pour 57 %, des déménagements de proximité, 19 % des fusions, 14 % des déménagements avec fermeture et 10 % des zones mal desservies. Dans les faits, « les fusions sont moins populaires, les déménagements de proximité “sécurisés” restent essentiels. Nous constatons aussi une légère augmentation des déménagements vers les zones mal desservies. Ces derniers, présents en nombre en Belgique, représentent une réelle opportunité pour couvrir les besoins des ménages. »
Dans 73 % des cas, les déménagements de proximité se font dans un rayon de 100 m, alors que le périmètre de 25 % permet souvent plus de possibilités.
Pour rappel, en 2026, 6,2 % du territoire belge est bloqué par une zone de protection. Cela représente une légère baisse par rapport à 2025.
Quel positionnement pour le futur ?
« Notre étude révèle que certaines régions et villes sont encore confrontées à des défis majeurs pour garantir que les pharmacies disposent d’un potentiel de marché suffisant et que les populations soient correctement desservies », commente Karolien Sottiaux, COO de Sirius Insight. « Dans ce contexte, la vision et la stratégie sont essentielles. Les pharmacies indépendantes comme les pharmacies de groupe doivent réfléchir à la concurrence interne, à leur positionnement futur et à leur rôle sur le marché. Celles qui définissent une stratégie claire et une vision à long terme seront les mieux placées pour saisir les opportunités de croissance et anticiper les changements à venir. À l’étranger, des initiatives telles que les pôles de santé et les collaborations entre les acteurs du secteur de la santé gagnent du terrain, démontrant les avantages des approches novatrices. La Belgique commence seulement à explorer ces modèles, mais l’opportunité pour ceux qui agissent de manière stratégique est évidente. Ce type de pôle pourrait sans doute, selon les régions, se développer chez nous dans les prochaines années. »
Une approche qui pourrait avoir du sens aussi en termes de sécurité des professionnels de santé et d’amélioration du travail et du dialogue (grâce à la proximité) entre les différents professionnels de santé, au bénéfice du patient.
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