Statut BIM: Vandenbroucke veut mieux contrôler les patients pour éviter les abus

Le ministre des Affaires sociales, Frank Vandenbroucke (Vooruit), proposera au gouvernement trois mesures afin de freiner l'augmentation du nombre de bénéficiaires d'une intervention majorée dans les soins de santé, a-t-il annoncé jeudi à la Chambre. Il veut un meilleur contrôle pour éviter que des personnes à la situation financière aisée puissent en bénéficier.

Près de 2,4 millions de Belges bénéficiaient d'une intervention majorée (BIM) au 30 juin 2025, selon des chiffres de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (Inami). Depuis juin 2020, le nombre de bénéficiaires a augmenté de près de 400.000 unités. Cette évolution a été renforcée en octobre 2024 par l'entrée en vigueur de l'accès automatique au statut BIM pour les personnes isolées bénéficiant d'allocations de chômage depuis trois mois consécutifs au moins et les isolés en incapacité de travail ou invalides depuis trois mois également.
Daniel Bacquelaine (MR), Alexia Bertrand (Anders) et Jean-François Gattelier (les Engagés) sont montés au créneau pour dénoncer cette situation. Jan Bertels (Vooruit) s'en est pris quant à lui aux libéraux et dénoncé leur façon sélective de s'en prendre "aux profiteurs".
Le ton a été vif également entre M. Vandenbroucke et Mme Bertrand, collègues dans le gouvernement De Croo. Le ministre socialiste a mis en avant trois propositions de mesures. Il veut exclure du bénéfice du statut BIM les propriétaires de plus d'un immeuble, les administrateurs de société de management -qui se paient un salaire minimum pour échapper à l'impôt et aux cotisations sociales- et qu'il soit tenu compte des revenus mobiliers perçus par le bénéficiaire. Selon lui, les libéraux se sont opposés à l'adoption de mesures sous la législature passée, ce qu'a contesté Mme Bertrand.
"En théorie, une personne peut toucher 100.000 euros de dividendes ou 100.000 euros de plus-values sur des cryptomonnaires et bénéficier d'une intervention majorée. Il faut faire une revue de l'ensemble des revenus et du patrimoine des personnes afin que l'intervention majorée soit accordée correctement et bénéficie aux personnes qui en ont vraiment besoin", a-t-il plaidé.

La cheffe de groupe Anders à la Chambre, Alexia Bertrand, a plaidé pour la suppression complète de l’octroi automatique de l’intervention majorée. L’ancienne majorité, dont elle faisait partie en tant que secrétaire d’État, avait introduit ce mécanisme, mais elle affirme avoir averti à plusieurs reprises des conséquences.

Alexia Bertrand rappelle avoir mis en garde « à maintes reprises » contre les effets du système et renvoie aux procès-verbaux du Conseil des ministres pour étayer ses propos. Selon elle, le dispositif « est allé beaucoup trop loin ». Elle juge positif que le ministre annonce désormais des contrôles, tout en soulignant qu’une promesse similaire avait déjà été formulée deux ans plus tôt.

Lire aussi : 

> Les enfants et jeunes en situation précaire vont davantage chez le médecin

> Près de 2,4 millions de Belges bénéficient d'une intervention majorée 

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.

Derniers commentaires

  • Paul TOUSSAINT

    02 février 2026

    Et moi je connais un médecin colonel pensionné avec plus de 4000 euros nets de pension qui est BIM ... Où est l'erreur ?