Le marché belge des médicaments en vente libre reste marqué par un cadre strictement administré, largement méconnu du public, relève la Belgian Association of the Consumer Healthcare Industry (BACHI) dans un communiqué publié vendredi, sur base d’une enquête réalisée par Ipsos auprès de 1.000 Belges âgés de 18 à 65 ans. Cette étude met en lumière un écart entre un système très régulé et les attentes d’autonomie exprimées par une partie de la population.
Selon cette enquête, 70% des consommateurs ignorent que l’État fixe intégralement les prix des médicaments OTC par décision ministérielle, tandis que 60% se disent favorables à une libéralisation tarifaire. Le cadre belge encadre l’ensemble des paramètres liés aux médicaments en vente libre, depuis les indications thérapeutiques autorisées jusqu’à la visibilité en pharmacie et à la tarification. Toute modification en matière de communication, de présentation ou de prix nécessite une autorisation spécifique ou une adaptation législative.
BACHI souligne que cette hyper-réglementation, héritée d’une époque où l’automédication occupait une place marginale, apparaît aujourd’hui comme inadaptée aux attentes actuelles. L’association estime que ce décalage se traduit par une perception erronée d’un marché supposé libre, alors que celui-ci reste fortement contrôlé.
« Nous évoluons dans un cadre législatif où chaque virgule d'une notice, chaque centime d'un prix, chaque centimètre de texte sur un présentoir doit être validé administrativement. Cette lourdeur bureaucratique freine l'innovation et l'adaptation aux besoins des consommateurs », relève BACHI.
L’étude met également en évidence une demande d’évolution du secteur. Ainsi, 40% des personnes interrogées souhaitent un élargissement de l’offre OTC, alors que le passage d’un médicament sous prescription vers la vente libre nécessite un processus de “switch” jugé long et complexe. Par ailleurs, 66% des consommateurs se prononcent en faveur d’un accès en libre-service aux médicaments OTC en pharmacie, principalement pour pouvoir comparer les prix, évaluer l’assortiment, disposer de temps pour décider ou consulter les informations produits.
Dans ce contexte, une majorité des répondants perçoit la libéralisation des prix comme un levier potentiel pour encourager la concurrence entre produits, améliorer la transparence et simplifier la charge administrative.
BACHI appelle dès lors à une refonte du cadre réglementaire afin d’accélérer les processus de switch thérapeutique, faciliter l’évolution de la présentation des produits, réduire les délais liés aux modifications mineures et harmoniser les procédures entre instances compétentes. L’association plaide pour une modernisation visant à maintenir les exigences de sécurité tout en allégeant les contraintes administratives jugées excessives.
L’enquête souligne enfin, pour BACHI, que les conditions sociétales seraient réunies pour une évolution du système, encore conditionnée à une décision politique.








