L’épidémie silencieuse de ludopathie précoce chez les enfants

La ludopathie, ou trouble lié au jeu, est devenue un problème de santé publique majeur, touchant non seulement les adultes, mais aussi les enfants et les adolescents de manière significative.

La prévalence des problèmes liés au jeu chez les adolescents est nettement plus élevée que chez les adultes, certaines études indiquant des taux 2 à 4 fois supérieurs, et jusqu’à 8% des adolescents âgés de 12 à 17 ans étant classés comme joueurs pathologiques.

«Ce phénomène est particulièrement préoccupant compte tenu de la vulnérabilité inhérente aux jeunes. Leur immaturité développementale et cognitive les rend moins aptes à évaluer les risques, à résister aux comportements impulsifs et à comprendre les conséquences à long terme de leurs actes. Par conséquent, ils sont particulièrement sensibles au potentiel addictif du jeu, qu’il s’agisse de ses formes traditionnelles ou de ses déclinaisons numériques de plus en plus insidieuses», estime le groupe de travail sur la pédiatrie sociale de l’Association européenne de pédiatrie (Union des sociétés et associations nationales européennes de pédiatrie). Leur mise en garde est publiée dans le Journal of Pediatrics (Mehmet Vural et al., mai 2026).

«Alors que la recherche sur les addictions comportementales a connu une croissance significative, notamment en ce qui concerne les troubles liés aux technologies de l’information et de la communication ainsi qu’aux jeux vidéo, l’attention portée spécifiquement aux très jeunes enfants (moins de 12 ans) dans le contexte du jeu d’argent a toujours été limitée. Cependant, l’évolution rapide des environnements numériques et la convergence croissante entre les jeux vidéo et les éléments de jeu d’argent exigent désormais que l’on accorde une attention urgente à cette population critique, souvent négligée», insistent ces chercheurs.

«Une tendance critique et alarmante en matière de ludopathie pédiatrique est, en effet, l’abaissement de l’âge d’apparition du jeu, avec des implications significatives pour le développement de l’enfant et la santé publique. Bien que de nombreuses études approfondies sur le jeu chez les jeunes se concentrent généralement sur les 12-17 ans, des preuves convaincantes indiquent que la première initiation aux activités de jeu survient bien plus tôt, certaines études rapportant que des enfants participent dès l’âge de 7 ans à des jeux d’argent et que les premiers souvenirs d’exposition au jeu remontent souvent à la petite enfance», poursuivent-ils.

En se focalisant sur la ludopathie précoce chez les enfants, ces pédiatres entendent sensibiliser leurs pairs, mais aussi alerter les parents et les familles, et promouvoir des stratégies de prévention précoce pour faire face aux risques émergents liés aux comportements de jeu chez les enfants de moins de 12 ans.

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