Les universités francophones demandent plus de subsides

Le Conseil des recteurs des universités francophones de Belgique (Cref) demande que les universités soient refinancées à hauteur de 150 millions d’euros sous la prochaine législature. Il a présenté mardi son memorandum en vue des élections fédérale, régionales et communautaires de mai 2019.

Ce n’est pas nouveau: les universités se plaignent d’être sous-financées. Elles décrient un système d’enveloppe fermée, c’est-à-dire que leur financement n’augmente pas, alors que le nombre d’étudiants a explosé en dix ans.

Si lors de l’année académique 2006-2007, les universités francophones du pays comptaient 68.758 étudiants, ce nombre atteint 95.630 en 2015-2016. «Et pour 2018, on s’approche de la barre des 100.000», souligne Vincent Blondel, président du Cref et recteur de l’Université catholique de Louvain (UCLouvain). Pourtant, entre 1997 et 2016, les dépenses de la Fédération Wallonie-Bruxelles par étudiant ont baissé de 22,3% dans les universités et de 10,4% dans l’enseignement supérieur hors université. Dans le même temps, elles augmentaient de 29,6% pour le maternel et de 21,9% dans le primaire, souligne le Cref.

«Ce n’est plus tenable. Un afflux d’étudiants ne doit plus être synonyme de baisse de financement», s’exclame M. Blondel. «Chaque nouvel étudiant prend une partie des ressources des autres», souligne le Cref. Ce dernier salue le refinancement entamé lors de cette législature à hauteur de 41 millions d’euros pour l’enseignement supérieur, dont 28 millions pour les universités. Toutefois, s’il a limité la casse, il n’a pas suffi. Selon un rapport commandé par le conseil d’administration de l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (Ares), il faudrait augmenter le budget total de l’enseignement supérieur de 50 millions d’euros en moyenne chaque année de 2018 à 2030..

« Un message clair sur la réalité de la situation »

Les recteurs francophones se joignent à cette recommandation mais proposent d’étaler le rattrapage sur dix ans. Ils demandent un effort de 150 millions d’euros sur la prochaine législature. Le système d’enveloppe fermée doit ainsi prendre fin. Le financement doit être indexé en fonction du coût de la vie mais aussi du nombre d’étudiants. Le Cref demande qu’un «mécanisme garantisse que l’allocation perçue par étudiant ne puisse descendre sous le niveau de 2006». «On va peut-être penser que les recteurs rêvent» en demandant cet argent, admet Yvon Englert, vice-président du Cref et recteur de l’Université libre de Bruxelles (ULB). «Nous nous sommes demandés si nous devions nous auto-censurer ou faire passer un message clair sur la réalité de la situation.» Demander 150 millions «peut sembler énorme mais c’est en réalité raisonnable et cohérent. C’est encore bien en-dessous de ce que font beaucoup de pays ambitieux dans le monde», souligne-t-il, ajoutant que l’université s’est affirmée ces dernières années comme un élément central du développement économique, de l’emploi et de l’innovation.

Le memorandum a été présenté mardi matin au ministre francophone de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Jean-Claude Marcourt.

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