Le secteur pharmaceutique belge attend la réaction de l'UE aux droits de douane américains

L'annonce du président américain Donald Trump d'instaurer dès octobre des droits de douane allant jusqu'à 100% sur les produits pharmaceutiques va directement à l'encontre de l'accord commercial conclu entre l'Europe et les États-Unis. C'est ce qu'affirme la fédération essenscia, porte-parole des entreprises pharmaceutiques belges. L'impact sur notre pays risque d'être considérable, redoute-t-elle.

Ces droits de douane ne s'appliqueront pas aux entreprises qui sont en train de construire une usine de production aux États-Unis.

essenscia se dit surprise par cette sortie du président Trump, a réagi vendredi son porte-parole Gert Verreth. "Cette annonce va à l'encontre de l'accord conclu entre l'UE et les États-Unis. Celui-ci stipule que si des droits de douane sont appliqués aux produits pharmaceutiques, ils ne peuvent dépasser 15%", alors qu'ils sont actuellement, et depuis plus de 30 ans, soumis à un taux zéro. "C'est le cas depuis des années. On ne déclenche pas une guerre commerciale au détriment des patients", insiste-t-il.

Les entreprises pharmaceutiques attendent donc une réponse de l'Union européenne, a encore ajouté le porte-parole.

L'annonce pourrait avoir un impact considérable sur la Belgique, dont le quart des produits pharmaceutiques sont destinés aux États-Unis. En termes de valeur, ce type de produits représente en outre 55% du total des exportations belges.

Pour essenscia, il est encore trop tôt pour quantifier l'impact. "Aujourd'hui, l'incertitude est le facteur qui a le plus d'impact. Elle pèse notamment sur les décisions d'investissement en Europe."

La fédération européenne des industries pharmaceutiques (Efpia) a d'ailleurs estimé vendredi que l'instauration de ces nouveaux droits de douane qui s'appliqueraient aux médicaments "créerait la pire des situations". Ces taxes "augmentent les coûts, perturbent les chaînes d'approvisionnement et empêchent les patients d'obtenir des traitements vitaux", développe la directrice générale de l'Efpia, Nathalie Moll.

"L'Union européenne (UE) et les États-Unis ont déjà un accord commercial en place; ils devraient maintenant poursuivre les discussions sur la manière dont l'UE peut améliorer son soutien au coût de la recherche et du développement mondial d'une manière qui ne nuise pas aux patients de l'UE et des États-Unis", a-t-elle ajouté.

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