Depuis 2016, le nombre de consultations à l'antenne namuroise de Médecins du Monde a triplé. "Cette augmentation s'est faite de manière constante", alerte jeudi Sophie Devillé, coordinatrice régionale de Médecins du Monde en Wallonie.
Pour l'ONG, cette hausse s'explique notamment par la précarisation croissante d'une partie de la population namuroise. "De plus en plus de personnes poussent les portes de notre centre à Namur. La plupart se trouvent dans des situations de vie complexes, parfois inextricables", poursuit Sophie Devillé.
Selon elle, le profil des bénéficiaires s'est également élargi ces dernières années. "La majorité de notre public reste composée de personnes sans-abri ou sans-papiers. Mais de nouveaux profils apparaissent. Nous accueillons de plus en plus de personnes dès les premières étapes de leur parcours de précarité. Certaines disposent encore d'une mutuelle et d'un logement, mais ne parviennent plus à assumer le coût de médicaments liés à des maladies chroniques."
Médecins du Monde souligne toutefois que la précarité économique n'est pas l'unique obstacle à l'accès aux soins. "Il existe aussi une méconnaissance du système de santé et des droits des patients, la peur d'être stigmatisé pour celles et ceux qui sollicitent nos services, ainsi que des barrières financières. Sans oublier les procédures administratives qui constituent souvent un frein majeur pour les publics les plus précarisés", ajoute la coordinatrice régionale.
Du côté de la Ville de Namur, les autorités disent être conscientes de cette aggravation de la précarité et affirment tenter d'y répondre malgré un contexte budgétaire tendu. "Cela fait des années que nous constatons une augmentation du nombre de personnes fréquentant les CPAS", indique Dorothée Klein (Les Engagés), présidente du CPAS de Namur et échevine en charge de la Cohésion sociale.
"Nous faisons face à une situation budgétaire compliquée, marquée par un important déficit structurel. Des mesures d'économie ont dû être prises, mais les subventions destinées aux associations et structures qui luttent contre la grande précarité ont été préservées", assure-t-elle. Elle précise également que les moyens alloués au CPAS devraient continuer à augmenter dans les prochaines années, notamment en raison de la réforme du chômage, qui entraîne une hausse du nombre de bénéficiaires pris en charge par les communes.
À Namur, plusieurs associations et organismes viennent en aide aux personnes en situation de précarité souhaitant accéder à des soins, parmi lesquels le Relais social urbain namurois et la Clinique de l'exil.








