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Soins et poésie. La complémentarité est évidente et elle se renouvelle chaque année dans le Hainaut. Dans le cadre de Tournai Ville en poésie 2026, et sur une idée d’Art et Culture à l’Hôpital du CHwapi, les pharmacies tournaisiennes s’associent aussi cette année à cette initiative originale : Poèmes sans ordonnance. « Les officines participantes deviennent, le temps du printemps, de véritables lieux de poésie. Elles délivrent des poèmes sans ordonnance, véritables remèdes en vers contre tous les maux : fatigue, morosité, stress, manque de sommeil, tristesse… »
Si les pharmacies participeront, l’hôpital du CHwapi sera au cœur du dispositif, avec un message clair depuis plusieurs années : « Aucun risque de surdosage ni d’effets secondaires », comme nous l’explique le Dr Michel Triffaux (photo), neurochirurgien au CHwapi. « La médecine soigne les corps. La poésie guérit les âmes. En 2025, nous estimons que l’ensemble des actions menées par le groupe Art et Culture, tout au long de l’année, a pu toucher plus de 5 000 personnes — patients, visiteurs et membres du personnel — à travers 31 actions menées par plus de 200 artistes, en herbe ou confirmés. Cela a représenté plus de 50 heures d’animation tout au long de l’année sur les trois sites actuels, ainsi que deux résidences d’artistes, l’une poétique et l’autre de sculpture. L’année 2026 s’annonce encore comme un excellent cru. La Confrérie des poètes bien parleurs nous fait le plaisir de revenir dans le hall et les salles de consultation du site Union. Isabelle, Guy, Annie et Carole viendront chuchoter aux oreilles des visiteurs, des patients et des membres du personnel des poèmes. »
La médecine narrative
Le neurochirurgien de Tournai le rappelle : « L’Organisation mondiale de la santé a reconnu l’importance de l’art et de la culture dans l’amélioration de la santé aussi bien physique que mentale, et tant au niveau de la médecine préventive que de la médecine curative. »
Une nouveauté cette année : « Nous proposons deux types d’ateliers, l’un de bibliothérapie, l’autre de médecine narrative, avec le concours de l’Association francophone de bibliothérapie et ses deux animatrices : le Dr Caroline Biebuyck et Tiziana Guiso, ainsi que le Dr Pierre Boyer et Olivia Scélo, formés à la médecine narrative à la chaire du même nom de l’Université Bordeaux Montaigne, berceau de la discipline en France. Enfin, il sera intéressant aussi de s’arrêter à une autre activité : “S’il te plaît, dis-moi un poème”, lecture au chevet du patient par Isabelle Spriet, sur le site Notre-Dame. »
Le Covid, un élan
Pour rappel, le projet Art & Culture à l’hôpital a été lauréat du Prix Akcess 2025. Si Tournai, Ville en Poésie, en est à sa onzième édition cette année, le Dr Michel Triffaux se souvient du moment où il a tenu à s’investir : « J’avais lu, pendant le Covid, le rapport de l’OMS sur l’art et la culture dans les soins de santé. J’ai accompli une formation à la Sorbonne, un DU en culture, soins et accompagnement, la France étant beaucoup plus avancée que nous. À l’heure de la médecine technologique, cette approche permet de remettre l’humain au centre des sciences, pour les soignants eux-mêmes et les patients. »
Il a pu alors compter sur le soutien de l’ex-directeur général du CHwapi.
Il écrit aussi des poèmes, une rébellion
Ce projet s’inscrit aussi dans son quotidien d’homme de culture. « J’écris des poésies et je signe PR, pour Poésie Rébellion. Écrire de la poésie est une forme de rébellion dont on a bien besoin. »
Dans son DU, Michel Triffaux s’est concentré sur « La médiation poétique auprès de soignants d’une unité de chirurgie analysée par la Méthode d’Analyse en Groupe ». « La question principale a porté sur les répercussions de cette action dans le service, et non sur les aspects liés à l’entretien en lui-même. Les enjeux secondaires ont porté sur le rôle de la parole, l’importance de l’écoute, l’esprit d’équipe, le soutien psychologique aux soignants, la qualité du travail et la sollicitation de leur créativité. Le pansement poétique a permis de donner une place à la parole et à l’écoute. Il permet de garder notre dignité de soignant et de mieux approcher la singularité de nos patients. Connais-toi toi-même pour soigner qui tu soignes. »
Une réflexion à Namur aussi
Le sujet n’est pas cantonné à la seule province du Hainaut puisque, le week-end dernier, se tenait à Namur un colloque « Médecine et littérature ». En effet, le Groupe d’histoire de la médecine et des sciences de la santé organisait le colloque « Médecine et littérature », avec le soutien de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, le 21 février à Namur. Le colloque se proposait d’explorer les liens profonds entre médecine et littérature, là où les récits, les figures médicales et l’expérience de la maladie nourrissent l’écriture et la pensée médicale.
« À bientôt pour vos renouvellements de prescriptions inattendues », conclut, en un clin d’œil, le Dr Michel Triffaux.
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Derniers commentaires
Pierre DESPONTIN
26 février 2026J'ai pris connaissance de cet article par l'intermédiaire de mon excellent ami, le médecin généraliste Pierre Despontin, à Ernage (Gembloux).
Etant poète et nouvelliste, je me sens particulièrement intéressé par cette thérapeutique ainsi que par Tournai ville en poésie 2026. En cas d'intérêt de votre part, je suis disposé à vous faire parvenir des textes de mes différents recueils, qui pourraient apporter une contribution à vos initiatives.
Voici mes coordonnées:
Francis FELIX, docteur en droit, chaussée de Wavre, 166, 5030 Ernage (Gembloux), tél. 0476 47 00 18.
adresse électronique: felixf@outlook .be
site internet: www.francisfelix.be
`Bien cordialement.
Bruno LULLING
24 février 2026Magnifique initiative !