Incapacité de travail : près de 100.000 malades de longue durée exercent déjà une activité

Près de 20% des personnes reconnues en invalidité exercent une activité professionnelle en 2025, ressort-il d’une étude publiée par Solidaris. Sur plus d’un demi-million de malades de longue durée en Belgique, cela représente près de 100.000 personnes qui travaillent malgré un état de santé dégradé. La mutualité y voit un démenti aux idées reçues sur l’absence de volonté de reprise.

Le retour au travail à temps partiel constitue aujourd’hui le principal dispositif de réinsertion progressive. En 2022, il concernait déjà 16% des salariés et 23% des indépendants en invalidité affiliés à Solidaris. Son recours a progressé de plus de 70% en cinq ans.

L’étude montre toutefois des résultats contrastés. Un peu plus d’un tiers des personnes engagées dans une reprise partielle retrouvent un emploi à temps plein, tandis qu’environ la moitié connaissent une rechute vers une incapacité totale. Pour Solidaris, ces données traduisent une réalité complexe. « Les personnes malades veulent sortir de l’incapacité de travail, et une proportion significative y parvient grâce à cet outil. »

La mutualité rappelle par ailleurs que les indemnités restent faibles et pèsent sur le niveau de vie des assurés concernés. Elle estime que le retour à temps partiel ne peut constituer, à lui seul, une réponse à la hausse des incapacités de longue durée et appelle à agir sur les déterminants structurels, notamment les conditions de travail et la pénibilité des métiers.

Solidaris plaide enfin pour une plus grande implication des employeurs dans les processus de reprise, jugeant nécessaire un cadre législatif garantissant leur participation effective.

> Consultez l'intégralité de l'étude

> Consultez la synthèse 

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  • Nathalie PANEPINTO

    26 février 2026

    Flexi-jobs et arrêt maladie : une pratique légale source de questions

    La possibilité d'exercer un flexi-job en étant en arrêt maladie en Belgique, une pratique légale, soulève des questions éthiques et des préoccupations concernant les abus potentiels et l'impact sur le marché du travail.

    Il est possible, en Belgique, d'exercer un flexi-job tout en étant en arrêt maladie , une pratique qui soulève des questions d'éthique et de potentiels abus. Cette situation, permise par la loi sous certaines conditions, a gagné en popularité, comme en témoigne l'augmentation significative du nombre de personnes en incapacité de travail exerçant un flexi-job.

    Les chiffres communiqués par les organismes assureurs montrent une hausse de plus de 200% entre 2020 et 2024, soulignant l'ampleur du phénomène. La loi autorise cette pratique, à condition d'obtenir l'autorisation préalable du médecin-conseil de la mutualité. Cependant, cette flexibilité soulève des préoccupations concernant la précarisation du marché du travail, la baisse des recettes de la Sécurité sociale et le remplacement d'emplois stables. Des cas concrets illustrent les limites de ce système, notamment lorsque l'activité exercée en flexi-job est similaire à celle pour laquelle la personne est en arrêt maladie. Cela peut entraîner des conséquences juridiques importantes, telles que la suspension des indemnités et le remboursement des sommes perçues.\La complexité de la situation réside dans l'appréciation de la capacité de travail et la compatibilité des activités. Un travailleur peut être inapte à exercer son emploi principal, jugé physiquement exigeant ou stressant, tout en étant capable de réaliser un flexi-job, potentiellement moins intense. La loi ne fait pas de distinction entre les incapacités courtes et longues, le principe restant le même : l'autorisation du médecin-conseil est primordiale. L'autorisation du médecin-conseil est impérative pour cumuler les indemnités d'incapacité et le flexi-salaire. Cependant, des situations ambiguës peuvent survenir, comme celle d'une personne effectuant une activité identique dans son emploi principal et son flexi-job. L'employeur principal, en cas de litige, est alors celui qui doit prouver que le flexi-job nuit à la guérison du salarié. Des experts soulignent que le certificat médical peut être valable auprès d'un employeur mais pas auprès d'un autre, ce qui complexifie davantage la situation. L'absence de clarté et de communication entre les différentes parties peut engendrer des tensions et des litiges, notamment dans le secteur de l'horeca, où ce type de situations semble être plus fréquent.\Plusieurs facteurs peuvent expliquer le recours au flexi-job pendant un arrêt maladie. L'extension des flexi-jobs, offrant une plus grande flexibilité et des tâches potentiellement moins exigeantes physiquement, est un facteur important. L'augmentation du coût de la vie et la nécessité d'accroître les revenus constituent également une motivation. Toutefois, il est essentiel de souligner que les personnes qui abusent du système en travaillant en flexi-job alors qu'elles sont en arrêt maladie dans le but de frauder sont rares. Pour éviter les conflits et garantir une transparence maximale, le dialogue entre l'employeur principal, le travailleur et le médecin-conseil est crucial. L'employeur, qui verse le salaire garanti pendant une certaine période, a un intérêt direct à comprendre la situation de son salarié. Il est important d'analyser le contrat de travail pour vérifier s'il existe une clause de non-concurrence. En conclusion, bien que la loi permette l'exercice d'un flexi-job en arrêt maladie sous certaines conditions, il est impératif de prévenir les abus et de garantir une utilisation éthique du système. La vigilance de toutes les parties prenantes, le dialogue et le respect des règles sont essentiels pour préserver l'intégrité du marché du travail et la viabilité du système de sécurité sociale