Médecins hospitaliers, pharmaciens et transporteurs sanitaires annoncent une série de grèves et manifestations dès la rentrée, en réaction aux mesures d’économies prévues dans le budget 2026. C’est ce qui ressort de plusieurs communiqués syndicaux et prises de position relayés lundi dans la presse française.
Le plan du Premier ministre François Bayrou, qui vise 43,8 milliards d’euros d’économies sur deux ans, dont 5,5 milliards pour le secteur de la santé, suscite une opposition frontale. Les mesures les plus contestées concernent le doublement du plafond des franchises médicales, le gel des dépenses sociales et la réforme du financement hospitalier.
Hôpitaux en première ligne
Quatre syndicats (CGT, FO, CFTC, Unsa) de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) organisaient ce lundi des assemblées générales dans les établissements. L’objectif est de préparer une grève unie au sein de toute l’AP-HP, en coordination avec d’autres secteurs de la santé. La CGT Santé Action sociale a déjà fixé le 10 septembre comme date de mobilisation nationale.
Pharmaciens en grève prolongée
Les pharmaciens dénoncent la baisse progressive du plafond des remises accordées par les laboratoires sur les médicaments génériques, qui passera de 40 % à 20 % d’ici 2028. Selon l’intersyndicale, ces remises représentent jusqu’à 30 % de l’excédent brut d’exploitation des officines. Après une grève très suivie le 16 août, les syndicats appellent à un nouveau mouvement le 18 septembre, puis chaque samedi à partir du 27 septembre. Ils évoquent une “lutte à mort” si le gouvernement ne recule pas.
Transports sanitaires et taxis mobilisés
Les transporteurs sanitaires contestent une réforme de la tarification, prévue pour le 1er octobre, qui limiterait notamment le remboursement des trajets à vide. Une manifestation est annoncée le 5 septembre à Paris. Les fédérations de taxis affirment être prêtes à “bloquer le pays” si leurs revendications ne sont pas entendues.
Médecins libéraux encore en retrait
À ce stade, les syndicats de médecins libéraux n’ont pas appelé à la grève. Mais plusieurs mesures du plan gouvernemental, comme le gel des revalorisations tarifaires, le durcissement du contrôle des arrêts maladie et l’augmentation des franchises médicales, alimentent un mécontentement croissant dans la profession.
Vers une convergence des luttes ?
La perspective du 10 septembre, avec l’appel à un mouvement de “blocage” national, pourrait favoriser un rapprochement entre hospitaliers, pharmaciens, transporteurs sanitaires et autres professions de santé. Les organisations de gauche (LFI, écologistes, communistes, socialistes) se sont jointes à l’appel, renforçant la pression sur le gouvernement Bayrou.








