Les dépenses consacrées aux médicaments contre le diabète comme Ozempic et Mounjaro augmentent rapidement. Les endocrinologues Luc Van Gaal (Hôpital universitaire d’Anvers) et Bart Van Der Schueren (Hôpital universitaire de Louvain) estiment néanmoins que les critères de remboursement sont trop stricts. Ils souhaitent que les médicaments de type GLP-1 soient également plus accessibles aux patients souffrant d’obésité sans diabète.
L’an dernier, l’INAMI a remboursé 122,2 millions d’euros pour des médicaments contre le diabète tels qu’Ozempic et Mounjaro, contre 58,3 millions d’euros en 2021. Le nombre de patients est passé de 58.000 à 114.500.
Les médicaments de type GLP-1 ne sont remboursés que pour les patients diabétiques répondant à des conditions strictes. Selon Luc Van Gaal, ces critères sont dépassés sur le plan médical. « En tant que patient diabétique, il faut déjà être dans un très mauvais état pour obtenir le remboursement d’un traitement dont les bénéfices sont pourtant très clairement établis », affirme-t-il. Dans lae quotidien flamand De Morgen, les deux endocrinologues plaident pour un remboursement plus large.
Les bénéfices vont au-delà du diabète et de la perte de poids. « Nous savons désormais que les médicaments de type GLP-1 sont non seulement efficaces contre le diabète, mais qu’ils permettent aussi de réduire le nombre d’infarctus, d’AVC, de cas de stéatose hépatique sévère ou de cirrhose, d’apnées du sommeil et de cancers. »
Bart Van Der Schueren estime qu’il faut également tenir compte des dépenses de soins évitées. « Il faut mettre ces montants en regard d’autres affections qui peuvent être évitées grâce aux médicaments de type GLP-1 ou qui deviennent plus faciles, et donc moins coûteuses, à traiter. » La diminution des complications pourrait également réduire le recours à d’autres traitements chroniques.
Les deux endocrinologues plaident pour un remboursement en cas d’obésité, à condition que le traitement s’accompagne d’un suivi médical. L’assurance maladie ne doit donc pas prendre en charge le traitement de personnes qui souhaitent simplement perdre quelques kilos. Bart Van Der Schueren cite l’exemple « d’un quadragénaire qui pèse 120 kilos, souffre de lombalgies et d’apnée du sommeil et ne peut pas travailler ». « Oui, absolument, il faut aider cette personne à retrouver une vie active. »
Environ la moitié des Belges âgés de plus de 3 ans sont en surpoids et 18 % souffrent d’obésité, selon les chiffres de Sciensano. Le ministre Frank Vandenbroucke (Vooruit) travaillera cet automne avec les médecins à l’amélioration du trajet de soins destiné aux personnes en surpoids.
Luc Van Gaal est conscient qu’un élargissement du remboursement coûterait cher. « Je comprends que les montants en jeu soient importants et que nous ne puissions pas tout rembourser. Mais nous devons maintenant faire un choix : intervenons-nous à temps ou attendons-nous qu’il soit en réalité trop tard ? »







