Selon une étude des Mutualités libres, les personnes sans partenaire ou sans enfants consultent plus fréquemment un psychiatre et consomment davantage d’antidépresseurs ou d’antipsychotiques.
Les données de plus de 300.000 membres des Mutualités libres ont été analysées pour réaliser cette étude sur la période 2017-2024. On ne s’étonnera pas d’apprendre que sur ce laps de temps, il y a eu une augmentation nette et continue du recours aux soins de santé mentale pour l’ensemble de la population étudiée.
Les chiffres avancés par les experts sont impressionnants :
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L’utilisation chronique d'antidépresseurs a progressé de plus de 60 %,
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L’utilisation d’antipsychotiques a presque doublé (+93 %), malgré un groupe concerné plus restreint,
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Le nombre de personnes consultant un psychiatre a augmenté de près de 30 % entre 2017 et 2023.
Les résultats de cette nouvelle étude des Mutualités libres confirment l’association entre solitude et vulnérabilité psychique accrue. « Les personnes sans partenaire présentent davantage de risques de recours chronique aux antidépresseurs (+38 %) et aux antipsychotiques (+57 %). Celles vivant seules sont 77 % plus susceptibles de consulter un psychiatre que celles vivant avec un partenaire. Les personnes sans enfants ont une probabilité plus élevée d’utiliser de façon chronique des antidépresseurs (+24 %), des antipsychotiques (+73 %) et de consulter un psychiatre (+12 %) que les personnes avec enfants. »
Le bienfait des interactions sociales de qualité
Autre constat : le recours aux soins de santé mentale n’est pas identique chez les femmes et les hommes. « Les femmes ont presque deux fois plus de risques que les hommes de consommer des antidépresseurs. Elles consultent également un psychiatre 49 % plus souvent. Enfin, la combinaison du genre et de la situation familiale accentue ces écarts : l’utilisation d’antidépresseurs et les consultations psychiatriques sont les plus fréquentes chez les femmes seules sans enfants, tandis que la consommation d’antipsychotiques est la plus élevée chez les hommes seuls sans enfants (+213 % par rapport aux hommes vivant avec un partenaire et des enfants).»
« Il ne s’agit pas d’inciter à chercher un partenaire ou à avoir des enfants. La réalité est bien plus complexe : le contexte familial et la santé mentale s'influencent mutuellement. Cette étude montre surtout que pour améliorer le bien-être mental, il faut aussi intégrer une quantité suffisante d'interactions sociales de qualité », souligne Thomas Otte, Expert auprès des Mutualités Libres.
Les auteurs mettent en garde contre l’établissement d’un lien de causalité. « Les résultats suggèrent plutôt une interaction réciproque entre les deux facteurs, l'isolement social est associé à une prévalence plus élevée de symptômes dépressifs et anxieux, ainsi qu'à un recours accru aux psychotropes et aux soins de santé mentale. Des études montrent aussi que le regard négatif porté sur les troubles psychiques peut accentuer le sentiment de solitude. Les personnes concernées peuvent alors hésiter à en parler ou à demander de l’aide, ce qui renforce leur isolement. Un cercle vicieux difficile à casser peut ainsi s’installer, en particulier chez celles et ceux qui disposent de peu de soutien social. »
Les Mutualités Libres plaident pour une politique de santé mentale qui :
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Accorde davantage d’attention au groupe cible des personnes seules (avec ou sans enfants) dans le cadre du futur plan interfédéral soins de santé mentale (prévu pour 2026). Le plan ne doit pas se limiter aux soins, mais aussi mettre l'accent sur la promotion de la santé et la prévention des problèmes de santé mentale.
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Brise la stigmatisation liée à la vulnérabilité psychique afin de renforcer la participation sociale.
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Fasse de la lutte contre la solitude une priorité politique, en investissant dans des lieux de rencontre de proximité et en soutenant le bénévolat et les initiatives locales.
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Investisse dans la formation et la recherche sur des interventions fondées scientifiquement contre la solitude, en formant les prestataires de soins de santé à la reconnaissance et à la prise en charge de la solitude, et en soutenant financièrement la recherche scientifique sur la solitude, associée à des évaluations en économie de la santé.
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Renforce les mesures favorisant le contact social, notamment via le développement ou l’extension de programmes encourageant (en particulier les personnes seules) à participer à des activités sportives, artistiques, sociales et de loisirs.
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