Drépanocytose : la Croix-Rouge appelle à diversifier les donneurs de sang

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, célébrée le 19 juin, le Service du Sang de la Croix-Rouge rappelle l’importance du don de sang pour les patients atteints de cette maladie génétique. L’organisme insiste particulièrement sur la nécessité de diversifier les profils des donneurs afin de répondre aux besoins croissants en transfusions compatibles.

La drépanocytose est aujourd’hui la première maladie génétique en Belgique. Elle touche environ une naissance sur 1.500 et affecte l’hémoglobine ainsi que la forme des globules rouges, qui prennent une apparence en faucille. Cette anomalie peut provoquer des crises vaso-occlusives très douloureuses, une anémie chronique et diverses complications graves. Selon le Service du Sang, l’âge médian de mortalité en Belgique se situe entre 35 et 40 ans, les complications augmentant avec l’âge.

Les transfusions sanguines constituent l’un des traitements essentiels de la maladie. Certains patients doivent recevoir régulièrement entre six et onze poches de sang toutes les six semaines afin de réduire la fréquence des crises et prévenir les complications.

Le Service du Sang souligne toutefois que la compatibilité transfusionnelle ne repose pas uniquement sur les groupes ABO et Rhésus. « Quand on reçoit du sang, les globules rouges transfusés doivent être compatibles de manière très précise, c’est-à-dire qu’on va rechercher une correspondance entre plusieurs antigènes moins connus mais tout aussi importants que ceux des systèmes ABO et Rhésus », explique Thomas Paulus, responsable marketing et communication du Service du Sang.

Cette exigence est particulièrement importante chez les patients nécessitant des transfusions répétées. « Sinon, le patient risque de développer des anticorps contre le sang qu’il reçoit, ce qui peut entraîner une réaction transfusionnelle potentiellement grave. C’est d’autant plus essentiel en cas de transfusions régulières, car chaque poche reçue peut augmenter ce risque d’allo-immunisation », poursuit-il.

Les groupes sanguins étant transmis de manière héréditaire, leur répartition varie selon les populations. La Croix-Rouge cite notamment le phénotype R0 ou Dccee, très recherché pour certains patients drépanocytaires : il est présent chez 50 à 70 % des populations d’Afrique subsaharienne, contre seulement 2,5 % des populations européennes.

Face à cette réalité, le Service du Sang appelle à renforcer la diversité des donneurs afin que la population de donneurs reflète davantage celle de la Belgique.

« Les personnes afrodescendantes sont particulièrement invitées à venir donner du sang. Elles sont plus susceptibles d’avoir des groupes sanguins compatibles avec ceux de nombreux patients atteints de drépanocytose. C’est pourquoi nous mettons en place des actions d’information pour insister sur l’importance de leur contribution au don de sang, ainsi que des collectes en partenariat avec des associations de la diaspora, des personnes engagées, des influenceuses », souligne Thomas Paulus.

La Croix-Rouge rappelle toutefois que cet enjeu dépasse le seul cadre de la drépanocytose. Les dons de sang sont nécessaires pour répondre aux besoins liés aux accidents, aux interventions chirurgicales, aux accouchements, aux maladies hématologiques ou encore aux traitements contre le cancer.

« L’histoire humaine est faite de phénomènes migratoires et de mobilité des individus. Cela nous apprend que chacun peut un jour se retrouver en situation de minorité, dans une autre région du monde, et avoir des difficultés à trouver du sang compatible en cas de besoin », conclut le porte-parole du Service du Sang.

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