À l’aube de mardi, la ville de Bruxelles a procédé à l’évacuation d’un campement de tentes installé à proximité du hub humanitaire, dans la Région de Bruxelles-Capitale, où de nombreux sans-papiers et demandeurs de protection internationale avaient trouvé refuge. Dans un communiqué, Médecins du Monde critique une décision prise à l’initiative de la ville, estimant qu’elle aggrave la situation.
« Tôt ce matin, la ville de Bruxelles a procédé à l’évacuation forcée des tentes autour du hub humanitaire », rapporte l’organisation. De telles actions ne font qu’aggraver la situation, affirme-t-elle.
L’organisation juge « inacceptable » que la ville évacue les lieux et que « les autorités laissent des personnes dormir à la rue ». « Les autorités politiques à tous les niveaux doivent garantir que chacun dispose d’un toit. »
Les demandes adressées au hub humanitaire, où les sans-papiers, les demandeurs d’asile et les personnes vulnérables peuvent notamment bénéficier d’une aide juridique, d’activités comme un match de football ou d’un repas, montrent que plus d’un cinquième des visiteurs recherchent un endroit sûr pour dormir. « La saturation du réseau d’accueil et la pénurie persistante de places sont compensées par les citoyens et les organisations de la société civile. »
L’évacuation de mardi matin n’apporte « aucune solution structurelle et ne fait qu’augmenter le nombre de personnes sans solution », les centres d’hébergement d’urgence étant « totalement saturés », selon Médecins du Monde.
L’organisation demande un soutien accru aux acteurs de terrain et un accès effectif aux droits fondamentaux pour tous, dans le respect de l’État de droit. « L’État belge doit respecter ses obligations internationales. Les demandeurs d’asile ont droit à un accueil digne et à des soins de santé. »
Selon le bourgmestre Philippe Close (PS), la ville a procédé à l’évacuation en concertation avec l’organisme de coordination de l’aide aux sans-abri Bruss’help. « Il s’agit d’une décision difficile. Personne ne considère comme acceptable que des hommes et des femmes dorment à la rue. » La situation autour du hub humanitaire s’était fortement dégradée ces dernières semaines, ajoute-t-il. « Des problèmes d’hygiène ont été constatés, attirant des rats. Des incidents ont été signalés et des tensions sont apparues. »
Ces dernières semaines, chaque personne a reçu à plusieurs reprises, en coordination avec Bruss’help, des informations, un accompagnement et une orientation vers l’hébergement d’urgence, un suivi social et l’accès aux soins, poursuit le bourgmestre. « Plusieurs personnes encore présentes ce matin ont malheureusement refusé ces solutions proposées. »
Philippe Close appelle à nouveau la ministre Anneleen Van Bossuyt à agir et à assumer pleinement ses responsabilités. « Soit elle opte pour une régularisation avec accès au travail, soit elle privilégie un retour accompagné. Ce qui n’est plus possible, c’est de ne rien faire. »








