Les dépenses de l’assurance soins de santé sont restées sous contrôle en 2025, avec un niveau global inférieur aux prévisions. Dans un communiqué diffusé lundi, l’INAMI met en avant une sous-utilisation de 201,2 millions d’euros, confirmant le respect de l’objectif budgétaire malgré des dépassements dans certains secteurs.
Le Service des soins de santé de l’INAMI a présenté les résultats annuels relatifs aux dépenses remboursées, qui s’élèvent à un peu plus de 39,7 milliards d’euros. L’écart observé correspond à 0,5 % du budget total. L’institution souligne que ce résultat « est le fruit d’un suivi continu des dépenses et des efforts conjoints de l’ensemble des acteurs concernés visant à garantir la viabilité financière de l’assurance soins de santé ».
Un équilibre budgétaire sous contrainte
L’élaboration du budget 2025 s’est déroulée dans un contexte particulier, marqué notamment par une période d’affaires courantes en début d’année. L’INAMI rappelle qu’il s’agissait « d’un exercice d’équilibre délicat », nécessitant des économies pour respecter la norme de croissance réelle de 2,5 %. Les dépenses autorisées ont finalement été fixées à 39,712 milliards d’euros après ajustements en cours d’année.
En tenant compte des corrections liées aux recettes des médicaments innovants (article 81/111), la sous-utilisation est confirmée à 201,2 millions d’euros. Sans le retard de mise en œuvre de certaines mesures, les dépenses auraient été plus élevées de 28,6 millions d’euros, ramenant l’écart à 172,6 millions d’euros.
Dépassements en hospitalier et en médicaments
Certains postes enregistrent toutefois des dépassements significatifs. Le prix de la journée d’hospitalisation dépasse le budget de 121 millions d’euros. L’INAMI précise que ce dépassement était attendu, en raison de montants de rattrapage décidés en juillet 2025, portant principalement sur la période 2018–2022.
Les spécialités pharmaceutiques affichent également un dépassement net de 104 millions d’euros. Les recettes issues des médicaments innovants se sont révélées inférieures de 145,7 millions d’euros aux prévisions. Un dépassement de 103,1 millions d’euros avait été anticipé dès novembre 2025, entraînant une récupération financière auprès de l’industrie pharmaceutique à hauteur de 85,4 millions d’euros.
Sous-utilisations marquées dans plusieurs secteurs
À l’inverse, plusieurs secteurs présentent des dépenses inférieures aux objectifs. Les honoraires médicaux enregistrent un écart limité de 17,4 millions d’euros sous le budget, pour un total de 11,644 milliards d’euros.
Des sous-utilisations plus importantes sont observées dans les soins infirmiers à domicile (95,6 millions d’euros), les implants (81,3 millions d’euros), les soins psychologiques (64,4 millions d’euros) et le maximum à facturer (36 millions d’euros).
L’INAMI souligne que « les sous-utilisations et dépassements observés entre les différents secteurs se compensent », ce qui permet de maintenir l’équilibre global sans dépassement de l’objectif budgétaire.
Audits et projections attendus en 2026
L’institution annonce la poursuite de son travail d’analyse. Une estimation technique pour le budget 2027, ainsi qu’une révision pour 2026, seront établies en mai prochain. Des rapports d’audit sectoriels sont également attendus d’ici juillet 2026 afin d’examiner en détail les écarts constatés et d’évaluer l’impact des mesures.
Ces analyses seront présentées aux commissions et organes de gestion compétents et devraient servir de base aux ajustements futurs de la politique budgétaire en soins de santé.
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