Le système de l'intervention majorée peut être amélioré mais pas de façon arbitraire (MC)

Les mutuelles ne distribuent pas aveuglément les interventions majorées. Les revenus des personnes bénéficiant d'un tel statut pour le remboursement des soins de santé sont examinés de près, insiste la Mutualité chrétienne (MC). Si elle consent que le système peut être amélioré, elle avertit les autorités de ne pas procéder à une sélection arbitraire.

Près de 2,4 millions de Belges bénéficiaient d'une intervention majorée (BIM) au 30 juin 2025, selon des chiffres de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (Inami). Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, va proposer au gouvernement trois mesures afin de freiner l'augmentation du nombre de bénéficiaires. Il veut un meilleur contrôle pour éviter que des personnes à la situation financière aisée puissent en bénéficier.
La mutualité chrétienne rappelle qu'il existe plusieurs manières d'obtenir ce statut. Dans chaque cas, la mutuelle a procédé à une enquête sur les revenus du candidat afin de déterminer si ce dernier a financièrement besoin d'un supplément de remboursement. Depuis 2024, afin de réduire la charge administrative pesant sur les personnes vulnérables, l'intervention majorée peut être octroyée automatiquement. Cette méthode ne concerne qu'un groupe de personnes bien défini (personnes seules ou familles monoparentales malades ou en incapacité de travail depuis au moins trois mois...) pour lesquelles la mutuelle réalise automatiquement une enquête sur les revenus, car elle sait qu'elles disposent de faibles ressources. "Ces personnes ne reçoivent pas automatiquement l'intervention majorée; seule l'enquête sur les revenus est effectuée de manière automatique", nuance la Mutualité chrétienne.
Pour la MC, cette méthode ne contribue pas à gonfler les rangs des bénéficiaires d'une intervention majorée. Ce public aurait pu en bénéficier avant en introduisant une demande classique. Mais la nouvelle procédure leur simplifie le travail.
L'octroi automatique a été mis en place en réaction au nombre élevé de personnes qui, par ignorance, ne font pas usage des avantages sociaux auxquels elles ont droit, explique la MC. "Il ne s'agit pas des propriétaires de villas avec une voiture de luxe que certains médecins voient passer. Ceux-ci trouveront toujours le moyen de passer entre les mailles du filet, même sans attribution automatique. Il s'agit de personnes vulnérables qui reportent déjà leurs visites chez le médecin par crainte des coûts", affirme Elise Derroitte, vice-présidente de la MC.
A ce titre, la MC pointe le fait qu'un bénéficiaire qui est assuré de disposer de suffisamment de ressources pour ses soins ne cherchera pas à reporter ceux-ci, ce qui pèsera donc moins sur la sécurité sociale. Les visites préventives régulières chez un praticien sont en effet moins onéreuses qu'un traitement envisagé uniquement quand la santé se dégrade.
"L'intervention majorée n'est pas un statut acquis à vie", précise Mme Derroitte. "Si vous êtes concerné par ce statut, nous contrôlons chaque année vos revenus et sommes informés quotidiennement des changements dans la composition de votre famille."

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