Budget 2026 : Solidaris alerte sur un financement « sous tension » et appelle à renouer le dialogue social

Solidaris alerte dans un communiqué lundi sur la fragilité du budget 2026 de l’assurance maladie, examiné ce matin par le Conseil général de l’INAMI. L’organisation socialiste estime que le financement des soins reste « sous perfusion », en raison d’une norme de croissance partiellement financée et d’un manque de concertation entre les acteurs du secteur.

Le Conseil général a approuvé le budget des soins de santé pour 2026, qui prévoit 907 millions d’euros d’économies imposées par le gouvernement fédéral, réparties notamment entre les hôpitaux et les médecins. Le vote s’est soldé par 17 voix pour, 4 abstentions et aucune voix contre. L’aile francophone de Solidaris s’est abstenue.

Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, rappelle que « des économies peuvent et doivent être réalisées, mais à condition qu’elles s’inscrivent dans un processus juste, équilibré et réellement concerté ».

Selon l’organisation, la norme légale de croissance de 2 % n’est en réalité financée qu’à hauteur de 0,8 %, en raison d’un retrait cumulé de 469 millions d’euros de l’assurance obligatoire depuis 2020. Ce sous-financement chronique « rend impossible la mise en œuvre d’une politique de soins ambitieuse » et contraint les acteurs à des coupes « artificielles ».

Solidaris critique également un « équilibre pharmaceutique injuste et inefficace ». L’organisation estime qu’un milliard d’euros pourrait être récupéré en appliquant un « juste prix » aux médicaments les plus coûteux. Faute de volonté politique, le budget 2026 laisse selon elle un déficit de 157 millions d’euros dans les spécialités pharmaceutiques, compensé par un mécanisme de claw-back « inefficace ».

La mutualité dénonce aussi la réduction du remboursement des statines et des inhibiteurs de la pompe à protons, qui pourrait faire grimper le coût annuel pour un patient diabétique jusqu’à 190 euros. « L’effort demandé à l’industrie pharmaceutique reste largement inéquitable comparé à la hausse du ticket modérateur supportée par les patients », souligne-t-elle.

Solidaris s’inquiète enfin de l’introduction d’un ticket modérateur pour les consultations de sages-femmes — 4 euros pour les patients ordinaires et 1 euro pour les bénéficiaires de l’intervention majorée — une mesure jugée « dangereuse » car susceptible d’ouvrir la voie à une généralisation de la participation financière dans d’autres professions de santé.

« Notre abstention exprime une certitude : sans recettes nouvelles et sans réelle concertation, il sera impossible de préserver une sécurité sociale forte et solidaire », conclut Jean-Pascal Labille.

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