Plus d’un Belge sur cinq réutilise des antibiotiques prescrits pour une affection précédente et cette proportion approche un sur trois chez les moins de 35 ans, selon une enquête iVOX réalisée pour Multipharma. Des chiffres publiés alors que la délivrance à l’unité des antibiotiques, initialement prévue le 1er octobre, vient d’être reportée au 1er janvier 2027.
La délivrance par période de traitement fait partie du plan d’action national belge contre la résistance aux antimicrobiens. L’objectif est notamment de réduire les quantités d’antibiotiques inutilisées qui restent au domicile et peuvent ensuite favoriser l’automédication.
Initialement prévue à partir du 1er octobre, la délivrance de la quantité exacte d’antibiotiques prescrits a été reportée au 1er janvier 2027 en raison de contraintes techniques liées à l’adaptation des logiciels de tarification des pharmacies.
L’INAMI précise que la délivrance dans un conditionnement adéquat reste privilégiée. Lorsqu’il n’est pas possible de fournir la quantité appropriée avec les conditionnements existants, le pharmacien délivrera une quantité adaptée. Ces situations sont estimées à environ 25 % des cas. La tarification des antibiotiques se fera par ailleurs à l’unité, sur la base du prix par comprimé du plus grand conditionnement.
57 % des Belges favorables
Selon l’enquête iVOX réalisée à la demande de Multipharma, 57 % des Belges interrogés se disent favorables à la délivrance des antibiotiques à l’unité. Parmi eux, trois sur quatre citent la réduction du gaspillage comme principal avantage. Six sur dix y voient également un intérêt économique et 51 % considèrent que la mesure peut contribuer à freiner l’antibiorésistance.
L’enquête met parallèlement en évidence une pratique susceptible d’alimenter l’usage inapproprié des antibiotiques : plus d’un répondant sur cinq déclare réutiliser des antibiotiques prescrits pour une affection antérieure. Chez les moins de 35 ans, la proportion atteint près d’une personne sur trois.
La délivrance d’une quantité correspondant au traitement vise précisément à limiter la présence de comprimés inutilisés au domicile. L’INAMI indique que la délivrance par période de traitement doit contribuer à minimiser les risques de surconsommation et d’automédication, qui participent au phénomène de résistance aux antibiotiques.
Un rôle accru pour le pharmacien
Pour Multipharma, la mesure constitue également une occasion supplémentaire pour le pharmacien de rappeler au patient l’importance de respecter la prescription et la durée du traitement.
« Le rôle du pharmacien ne se limite plus à la délivrance de médicaments. Nous accompagnons les patients, travaillons en étroite collaboration avec les autres professionnels de la santé et veillons à ce que chaque traitement soit utilisé de manière sûre, efficace et durable », souligne Geert Reyniers, CEO de Multipharma et pharmacien de formation.
La réforme aura également des conséquences pour les prescripteurs. Dans le cadre de la mesure fédérale relative à la délivrance de la quantité exacte d’antibiotiques, la prescription en dénomination commune internationale (DCI) deviendra obligatoire pour certains antibiotiques à partir du 1er janvier 2027, confirme l’INAMI.
L’enquête iVOX a été réalisée en ligne à la demande de Multipharma du 4 au 14 novembre 2025 auprès de 1.000 Belges représentatifs en termes de sexe, de langue, d’âge et de niveau d’éducation.
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